Des paysages frontaliers, une culture partagée

Le paysage par définition ne s’arrête ni aux limites administratives ni aux frontières nationales. Le socle géographique ici est constitué par l’ancien delta de l’Aa qui occupe une surface totale de 120 000 hectares à cheval sur la France et la Belgique, formant un triangle entre Calais, Nieuport (Belgique) et Saint-Omer. La spécificité première de ce territoire de polder est son horizontalité. Sillonné de canaux et de fossés pour en permettre le drainage des eaux superficielles, le paysage agricole est largement ouvert et offre des vues lointaines. Le cordon dunaire, bien qu’entrecoupé par les stations balnéaires françaises et belges, se poursuit par-delà la frontière. Entre Bray-Dunes et La Panne, la Dune du Perroquet et celle du Westhoek forment un massif dunaire transfrontalier. Plus à l’intérieur des terres, la Dune Fossile et la Dune Cabour constituent un même ensemble dunaire interne à cheval sur la frontière.

Les enjeux communs entre ces territoires situés de part et d’autre de la frontière ont conduit à la naissance de différents programmes européens et, notamment, VEDETTE qui vise à une gestion optimisée des dunes littorales entre Dunkerque (France) et Westende (Belgique, région Flamande), ainsi qu’à la restauration de ces milieux dunaires. Il s’agit d’une première étape vers la création d’un espace naturel transfrontalier « Européen ».